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Dr Gilbert PERES

Lors de la course à pied, le corps est propulsé par le mouvement des jambes mobilisées par les contractions musculaires. Le raccourcissement des muscles est un travail mécanique qui consomme de l'énergie chimique, sous forme d'adénosine triphosphate (ATP). Il y a très peu d'ATP dans le muscle. Pour poursuivre l'exercice, l'ATP doit être régénérée très rapidement. Trois systèmes chimiques de recharge de l'ATP en énergie interviennent successivement.

LE SYSTEME ANAEROBIE ALACTIQUE fonctionne en l'absence d'oxygène (anaérobiose) et sans production de lactate. Il utilise l'ATP et la phosphocréatine (PhCr) stockées dans le muscle, immédiatement disponibles. Ce système intervient en début d'exercice, et permet des efforts intenses mais brefs tels les sprints, les sauts, les lancers: la PhCr s'épuise très vite, mais sa régénération est rapide, 3 minutes environ. Le coureur de fond utilise peu ce système, base de la musculation et du sprint.

LE SYSTEME ANAEROBIE LACTIQUE: progressivement, alors qu'il ne reçoit pas encore assez d'oxygène, le muscle va utiliser le glycogène stocké localement (dans le muscle), incomplètement dégradé en lactate. Ce métabolisme est utilisé surtout pour les exercices intenses durant de 15 secondes à 1 minute 30 secondes, ou lors d'accélérations soutenues. Il correspond à l'entraînement par intervalles courts, recouvrant plus ou moins la "résistance" d'autrefois. La production de lactate s'accompagne d'essoufflement: le seuil anaérobie est franchi. Ce système a l'avantage d'être rapidement disponible mais possède l'inconvénient de gaspiller le glycogène du muscle et donc de conduire rapidement à l'épuisement. De plus le lactate est long à éliminer (une heure ou plus). Le coureur de fond n'a guère intérêt à s'entraîner dans cette zone, hormis pour les cross et courses de 5 000 m ou moins.

LE SYSTEME AEROBIE: puis la respiration et la fréquence cardiaque s'accélèrent en quelques dizaines de secondes, assez pour permettre un transport accru d'O2 aux muscles en exercice. Le glucose provenant du muscle, du sang ou du foie peut alors être complètement oxydé en dioxyde de carbone (CO2) et eau, avec libération d'un maximum d'énergie pour recharger l'ATP. Après quelques minutes, les lipides vont aussi être utilisés, d'autant plus que l'exercice est moins intense et plus long et que le sujet est à jeun et ne consomme pas de glucides pendant l'exercice. C'est la zone d'endurance.