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Dr Hervé de LABAREYRE

Comme son nom l'indique, la tendinite est une souffrance d'un tendon, quel qu'il soit. Parfois injustement accusée, les tendons sont néanmoins souvent impliqués dans la pathologie de surmenage du coureur à pied. Le tendon d'Achille est de loin le plus célèbre.

Soumis à des tractions répétées et dans des conditions d'utilisation dépassant ses possibilités d'adaptation, le tendon s'effiloche, comme une corde. Si cette dernière n'est pas capable de cicatriser, l'organisme va au contraire tout faire pour réparer ce tendon qui souffre. Le tissu cicatriciel n'a cependant pas toujours les mêmes qualités mécaniques que le tissu tendineux originel, de même qu'une cicatrice cutanée. Par ailleurs, le délai de cicatrisation s'étale sur plusieurs semaines exactement comme la réparation d'une déchirure musculaire ou d'une fracture osseuse.

Deux attitudes extrêmes sont nuisibles :

Négliger des symptômes douloureux en considérant qu'il s'agit du juste prix de l'entraînement, et qu'il est possible de continuer au même rythme: l'aggravation et la chronicité sont prévisibles.

Arrêter complètement l'entraînement sans soins ni bilan minimum: les m^mes causes mécaniques produisant souvent les mêmes effets, la récidive est à craindre après une période d'accalmie liée au repos seul.

De ces quelques notions découlent l'essentiel de la prise en charge d'une tendinite et la base du traitement :

Au début, la restriction des activités est le plus souvent nécessaire. Il n'est pas logique d'entretenir une douleur et de continuer à tirer sur un tendon auquel on a déjà trop demandé. En revanche, l'arrêt total n'est pas impératif si on peut moduler la travail et respecter la douleur.

Les médicaments peuvent apporter un meilleur confort mais il ne faut pas leur accorder beaucoup plus qu'un rôle de cache douleur, tout comme à la physiothérapie.